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Objectif Aquitaine - Janvier 2010

Florence Oliet-Pontoizeau est aujourd’hui directrice de son entreprise, Biophase ! Trépidante jeune femme, elle vient de se lancer dans l’aventure un peu folle, face à la concurrence mondiale, d’une marque de cosmétique. Florence Oliet PontoizeauElle surfe sur le courant bio.

Elle a longtemps sillonné la France avec ses parents avant de venir s’installer à Bordeaux. Son père entrepreneur en vins et spiritueux et sa mère inspectrice des impôts lui ont appris la rigueur et le goût du risque. L’envie de bâtir de ses propres mains. C’est donc bien naturellement qu’elle se dirige vers des études commerciales. Une fois diplômée, elle tente sa chance dans l’entreprise familiale, mais l’ambiance masculine du vin ne va pas la convaincre. Elle préfère s’envoler pour Paris, vers un univers plus féminin. Celui d’un laboratoire de dermato-cosmétique.

Elle commence son parcours comme déléguée pharmaceutique puis grimpe les échelons rapidement pour devenir manager. Là, elle encadre la force de vente et apprend la négociation avec les grandes enseignes de la parapharmacie. Suivant son mari directeur de recherche en neurosciences qui s’installe à Bordeaux, elle revient sur les terres d’Aquitaine avec ses deux enfants. Une vie organisée mais complexe, dans laquelle Florence est maman à Bordeaux et business woman à Paris. 

Une situation qui va la pousser à faire des choix et à créer sa propre entreprise. L’idée de son produit lui vient d’une expérience personnelle. Comme toutes les jeunes mamans, elle est à la recherche de produits sains pour son bébé. Installée face au linéaire d’une grande enseigne, à la recherche de produits naturels sans paraben, et suffisamment avertie pour déchiffrer les étiquettes, elle constate que l’offre est vraiment pauvre. Quant au côté esthétique du flaconnage, la marge de progression reste importante ! Pas de quoi présenter ces produits sur une tablette de salle de bains. “Je voulais des produits sains pour ma famille, sans renoncer au glamour”, affirme-t-elle. La machine est lancée !

Son objectif : créer une gamme la plus naturelle possible, sans paraben, ni sulfates ni alcool. Des produits cosmétiques bio et écologiques certifiés par Ecocert. Elle recherche alors les process de fabrication et le sous-traitant idéal. Le cahier des charges n’est pas simple. “Je voulais me positionner sur le marché de l’hygiène et des produis lavants qui sont souvent considérés comme les produits clefs de la santé quand on évite les actifs desséchants ou polluants… Je voulais redonner sa place à l’hygiène beauté avec des shampoings et des gels douche les plus naturels possible.” Ainsi naît Biophase et ses produits à l’huile d’argan et au miel, assortis de parfums naturels et sans allergène. L’énergie à déployer et l’investissement financier sont colossaux. L’aspect réglementaire, les batteries de tests, les études de packaging prennent dix-huit mois et imposent une mise de départ de 100.000 euros. A l’évidence, il ne faut pas échouer. “C’est un gros pari sur l’avenir. Le risque ne m’effraie pas, même si j’ai des moments de doute comme tous les chefs d’entreprise”, dit Florence. Depuis le lancement, cinq commerciaux sillonnent la France et le démarrage est très encourageant. Certes, il s’agit d’une microentreprise, mais l’absence de concurrence sur le segment bio laisse espérer un joli démarrage. Comme pour tous les entrepreneurs, les débuts sont musclés ! Même si elle a pu obtenir des aides du Conseil régional, la première année de Florence sera sans salaire. Les journées sont bien remplies : du terrain, en passant par les sous-traitants, la communication, le référencement sur les sites Internet ou la préparation des commandes. Mais la dame semble solide et bien entourée. Son mari, très impliqué, y croit. Son père s’est remis au travail pour l’aider à progresser. Une aide précieuse et indispensable dans une telle aventure. En l’observant, resplendissante et battante, on se dit que la recette Biophase doit marcher ! Mais au fait, le bio, nouvelle mode ou style de vie ? Elle répond sans hésiter : “Je ne suis pas encore bio dans ma vie à 100 % mais j’y suis très sensible. Je gère mon Copenhague à mon petit niveau !”

Marie-Laure Hubert Nasser

Lire l'article sur www.objectif-aquitaine.com